C’est exactement ce qu’on va voir ensemble.
Déchets de cuisine, de jardin, de maison : ce qui va dans ton composteur
La grande majorité de tes déchets organiques est compostable. Côté cuisine, tu peux y mettre sans hésiter toutes tes épluchures de fruits et légumes, le marc de café avec son filtre, les sachets de thé (sans agrafes), le pain rassis, et même les croûtes de fromage. Les restes de repas végétariens passent aussi très bien.
Du côté jardin, les tontes de gazon, les feuilles mortes, les fleurs fanées et les petites tailles de haies sont parfaites. Attention à ne pas balancer un sac entier de gazon frais d’un coup : ça forme une couche compacte qui pourrit au lieu de se composter. Mélange-le avec des matières plus sèches.
Pour la maison, tu peux ajouter les essuie-tout, mouchoirs en papier non parfumés, les cartons bruns non imprimés comme les boîtes à oeufs, et les cendres de bois en petite quantité. Ces éléments secs sont même très utiles pour équilibrer ton tas.
L’équilibre vert/brun, le vrai secret d’un compost qui marche
Si ton compost sent mauvais ou ne se décompose pas, c’est presque toujours un problème d’équilibre. Il faut mélanger deux types de matières : les matières vertes (humides, azotées) et les matières brunes (sèches, carbonées).
Les matières vertes, ce sont les déchets de cuisine frais, les tontes fraîches, les pousses de jardin. Elles apportent l’énergie et l’humidité nécessaires aux micro-organismes. Les matières brunes, c’est tout ce qui est sec : feuilles mortes, branches broyées, paille, cartons, papier journal. Elles structurent le compost et absorbent l’excès d’humidité.
La proportion qui fonctionne bien selon les jardiniers expérimentés : environ deux volumes de matières humides pour un volume de matières sèches. En pratique, à chaque apport de déchets de cuisine, ajoute une poignée de feuilles mortes ou un peu de carton déchiqueté.
Comment accélérer la décomposition dans ton composteur
Plus tes déchets sont en petits morceaux, plus les micro-organismes s’en occupent vite. Pense à couper ou écraser les épluchures épaisses, les branches dures, et surtout les coquilles d’oeufs qui mettent une éternité à se décomposer entières. Un vieux couteau ou une cisaille font très bien l’affaire avant d’aller au composteur.
Brasse ton compost environ une fois par mois, ou à chaque nouvel apport. Cette aération est essentielle : les bactéries qui font le travail ont besoin d’oxygène. Un tas non brassé devient anaérobie et ça sent franchement mauvais. Surveille aussi l’humidité : le compost doit avoir la consistance d’une éponge essorée. Trop sec ? Arrose légèrement. Trop humide ? Ajoute des matières sèches.
Ce qu’il faut limiter ou carrément éviter
Les agrumes et oignons peuvent aller dans le composteur, mais en petites quantités seulement. Leur acidité et leurs huiles essentielles freinent l’activité microbienne si tu en mets trop.
La viande et le poisson sont techniquement compostables mais déconseillés dans un petit composteur domestique : odeurs, nuisibles, galères. Si tu veux vraiment les composter, enterre-les bien au centre du tas. Les végétaux malades sont à éviter si ton compost ne monte pas suffisamment en température (entre 50 et 70°C) pour détruire les pathogènes.
Ce qui n’a absolument rien à faire dans un composteur : le plastique (même les sacs dits “compostables” se dégradent très mal en conditions domestiques), le verre, les métaux, les produits chimiques, le bois vernis ou peint, et les mégots de cigarettes. Ces éléments contaminent le compost et peuvent nuire à tes plantes.
Où poser ton composteur pour qu’il fonctionne bien
Pose ton composteur directement sur la terre nue, jamais sur du béton ou du carrelage. C’est indispensable pour que les vers de terre et les micro-organismes du sol puissent remonter et coloniser le tas. Sans eux, la décomposition est beaucoup plus lente.
Choisis un endroit mi-ombragé, à l’abri du vent. En plein soleil, le compost se dessèche trop vite en été. À l’ombre totale, il reste trop humide et froid. Un coin sous un arbre ou le long d’une haie, c’est souvent l’emplacement idéal.
