8 astuces de grand-mère contre le liseron

Si le liseron est considéré par beaucoup de jardiniers comme une plante invasive, faut-il réellement s’en débarrasser ?

Le liseron est une plante grimpante de la famille des convolvulacées qui développe des fleurs blanches ou roses, qui sont mellifères (les abeilles viennent parfois les butiner).

Le liseron a tout l’air d’une plante intéressante au jardin, alors pourquoi vouloir l’éradiquer ? 

Le problème du liseron, c’est qu’en grimpant, il s’enroule autour des légumes, comme les pieds de tomates, par exemple, qu’il affectionne particulièrement.

S’il est difficile de lutter contre son développement, ces astuces de grand-mère naturelles vont vous aider à le contenir ou ralentir son expansion dans votre potager.

Méthodes naturelles de lutte contre le liseron

Pour venir à bout de cette plante envahissante sans abîmer son sol, il vaut mieux miser sur des méthodes douces et répétées. 

L’utilisation de recettes maison demande d’alterner les techniques, plutôt que d’appliquer qu’un seul traitement radical. 

Voici un tour d’horizon des astuces et remèdes de grand-mère les plus utilisés dans un jardin naturel.

Le vinaigre blanc

Le vinaigre blanc, l’arme magique de toutes nos grands-mères, agit immédiatement sur les jeunes pousses de liseron. 

Pour l’appliquer, il vous suffit d’en pulvériser sur la partie aérienne de la plante, par temps sec, pour brûler les feuilles, ce qui va affaiblir progressivement son système racinaire. 

Le vinaigre blanc est très acide, c’est pour ça que certains jardiniers préfèrent diluer légèrement le vinaigre blanc avec de l’eau pour protéger les cultures environnantes et ne pas appauvrir le sol. 

Le secret ? 

Cibler précisément le liseron, car son acidité attaque toutes les mauvaises herbes présentes.

Renouvelez l’application deux ou trois fois dès que les repousses apparaissent. 

Cette méthode permet d’épuiser peu à peu la réserve de la racine tout en encourageant un désherbage écologique. 

S’il pleut beaucoup, il vous faudra vous armer de patience et attendre que les beaux jours reviennent.

La méthode par submersion du vinaigre et du savon

La méthode par submersion est intéressante pour vous débarrasser du liseron, surtout lorsqu’il est bien installé dans votre jardin.

L’objectif est de préparer, dans un seau ou un bol, en fonction de la taille du liseron, un mélange de vinaigre blanc et de savon noir.

Puis faites tremper la partie haute du liseron dans cette solution et recouvrez ensuite le contenant avant un couvercle.

La solution va s’infiltrer petit à petit dans la plante et par l’intérieur va descendre jusqu’aux racines pour les bruler. 

L’avantage de cette astuce, c’est son efficacité, elle demande en revanche par mal de seau ou autres contenant pour venir à bout d’une grande surface infestée de liseron.

Désherber manuellement

Arracher le liseron manuellement est la technique la plus ancestrale, qui certes, prend du temps, mais agit directement à la source, lorsque c’est bien fait.

Prenez vos gants de jardinage et arrachez chaque tige dès leur apparition. 

L’objectif est de retirer non seulement le liseron visible à la surface, mais surtout les racines, un seul petit bout de racine oublié et le liseron va repartir.

Si vous y allez de cette manière, attendez que la terre soit humide, l’idéal, c’est après une bonne pluie, ou après avoir arrosé.

Maintenant, pour plus d’efficacité, il vaut mieux ameublir la terre autour du pied de liseron pour enlever l’entièreté de la plante.

Le meilleur outil pour ça reste la grelinette, qui ameublie la terre sans tout arracher. 

Il est important de ne pas couper les racines du liseron, le moindre oublie, aussi petit soit-il, relance la pousse de cette plante invasive. 

Cette opération exige patience et persévérance, mais elle réduit considérablement le stock de graines dans le sol, ce qui va réduire petit à petit sa prolifération.

Pour une efficacité à long terme, réaliser cette opération 2 fois par ans, au printemps et à l’automne.

Éliminer le liseron par solarisation

La solarisation consiste à couvrir la zone infestée d’une bâche plastique noire opaque (aussi appeler bâche à ensilage) pendant plusieurs mois. 

Le manque de lumière empêche le liseron de se développer et sous un soleil fort, la température grimpe sous la bâche, ce qui cuit littéralement racines et semences du liseron. 

C’est idéal pour traiter de grandes surfaces colonisées.

Choisissez de préférence les mois les plus chauds pour installer la bâche. 

Une fois la bâche retirée, ramassez tous les résidus et amener ces déchets verts dans une déchetterie proche de chez vous.

Avec de l’eau bouillante

L’eau bouillante offre une solution simple et naturelle pour vous débarrasser du liseron. 

L’eau bouillante produit un choc thermique qui détruit instantanément les parties aériennes du liseron et commence à fragiliser les racines souterraines.

Répétez l’opération dès que de nouvelles pousses apparaissent pour accélérer la disparition du liseron. 

Pensez à jeter de l’eau bouillante de cuisson sur le liseron, plutôt que de faire bouillir de l’eau spécifiquement pour ça.

Vous réalisez ainsi une économie d’eau, à l’heure où l’eau est plus que jamais une ressource.

À noter : cette technique est parfaite pour du liseron ou toute autre plante invasive dès lors qu’elles ne sont pas en contact avec des légumes, arbres ou arbustes. Idéal pour des mauvaises herbes qui poussent sur du béton ou sur une terrasse.

Avec du paillage

Le paillage consiste à couvrir la terre nue avec de la matière organique, idéalement de la paille, mais les tontes de gazon, les feuilles mortes ou encore du carton épais fonctionnent parfaitement. 

Vous allez ainsi priver le liseron de lumière, ce qui va freiner sa germination et ralentir sa croissance.

Pour que votre paillage soit efficace, nous vous conseillons de mettre une épaisseur de 15 à 20 cm. 

Indépendamment de la lutte contre le liseron, un bon paillis maintient l’humidité, nourrit la terre et stimule la vie microbienne du sol. 

Cela ne vous empêche pas de vérifier régulièrement sous le paillage et retirez à la main les éventuelles nouvelles pousses de liseron afin de renforcer votre lutte naturelle contre les mauvaises herbes.

Utiliser l’astuce de la boite de conserve

Vous pouvez recycler une boite de conserve de haricots verts vide pour protéger vos jeunes plants de tomates encore sensibles. 

Il vous suffit de placer les boîtes sur le liseron autour des pousses à défendre. 

Cette barrière va protéger vos cultures des tiges traçantes du liseron, tout en affaiblissant la plante qui va chercher de la lumière pour se développer.

Facile à déplacer, la boite métallique sert de défense ponctuelle, surtout quand vous entamez un potager ou introduisez de nouvelles variétés. 

Cette astuce n’est valable que pour de petit massif potager inférieur à 4 m2.

Engrais vert et plantes nettoyantes

Si l’utilisation des engrais verts comme la phacélie ou la moutarde aide à concurrencer le liseron, ce n’est pas l’astuce la plus efficiente pour vous en débarrasser. 

Les engrais verts on par contre de l’intérêt pour drainer le sol est l’enrichir en azote.

Les techniques à éviter

Toutes les pratiques n’apportent pas que de bons résultats : certaines se révèlent même néfastes pour l’environnement et pour la fertilité de votre sol. 

Il vaut mieux éviter ces méthodes, souvent déconseillées par les adeptes du désherbage écologique. 

Voici quelques exemples à proscrire absolument.

L’utilisation de désherbants chimiques

Les désherbants chimiques vendus dans le commerce agissent rapidement, mais détruisent la biodiversité et altèrent la qualité de l’eau et du sol. 

Ils nuisent autant aux auxiliaires utiles qu’aux mauvaises herbes visées.

Pour couronner le tout, ils sont aussi nocifs pour vous et demandent d’être appliqués avec toutes les précautions, pour vos mains et vos yeux. 

Nous vous recommandons donc une lutte naturelle contre les mauvaises herbes, qui protège les pollinisateurs et améliore équilibre du sol. 

De plus, certains pays interdisent désormais ces produits dans les jardins familiaux, ce qui renforce la nécessité de privilégier les alternatives naturelles.

Le sel

Le sel appliqué sur une zone infestée par du liseron le dessèche, il faut savoir qu’il rend aussi la terre stérile, pendant de longues années. 

Plus aucun végétaux ne va pousser correctement tant que le sel subsiste.

De plus, lors des arrosages et des pluies le sel finit par rejoindre les nappes phréatiques, mettant en danger l’équilibre naturel. 

Pour un vrai désherbage écologique, bannissez totalement cette approche au profit de gestes naturels que nous vous avons présentés précédemment.

L’huile de friture

Appliquer de l’huile de friture usagée sur le liseron va l’asphyxié et vous en débarrasser, mais en contre-partie, elle pollue lourdement le sol. 

Son impact négatif se ressent longtemps après son application, ce qui compromet la fertilité de votre jardin, mais tout ce qui se passe dans le sol.

Donc l’huile de friture usagée, c’est à la déchetterie.

Ne la jeter surtout pas dans vos canalisations, sous peine de les boucher. 

Si vous avez besoin de conseils de grand-mère pour déboucher votre évier, lisez ceci.

Comment coexister et tirer profit du liseron ?

Et si, au lieu de vous débarrasser du liseron, vous essayez de cohabiter avec lui et de tirer parti des avantages qu’il a à offrir ? 

En plus d’être jolies, les fleurs du liseron sont mellifères, et en ce sens, elles attirent donc les pollinisateurs, comme les abeilles ou les bourdons.

Ils sont essentiels pour assurer la fructification de vos légumes potagers, que ce soit la tomate, la courgette ou encore l’aubergine.

C’est aussi une plante bio-indicatrice, qui va vous donner de précieuses informations sur la composition de votre sol, le liseron, lui, se plait : 

  • Dans un sol riche en azote 
  • Dans un sol tassé

Ces racines profondes aident à aérer le sol et à le rendre plus meuble.

Ne relâchez pas la surveillance de l’expansion du liseron sur vos plantations, tout en laissant un peu de place à quelques pieds de liseron à des endroits sans culture et vous jouirez d’un jardin productif tout en laissant sa place à l’épanouissement de la biodiversité.